"Qu'une tombe soit créée pour moi dans la montagne orientale de l'Horizon du Globe (Akhetaton ou Amarna, nom moderne) et que j'y sois enterré après les millions de jubilés que mon père [Aton] a décrété pour moi […] et que l'on fasse des tombes pour "le chef des Voyants" et les "Pères Divins de l'Aton" afin qu'ils y soient enterrés. Que les tombes des prêtres de l'Aton soient faites dans la montagne de l'est afin qu'ils puissent y être enterrés." (Akhénaton, "Earlier Proclamation", an V).

Dans cette proclamation, Akhénaton évoque son propre enterrement, celui la reine Néfertiti et de la princesse Méritaton, mais aussi la réalisation d'une nécropole pour le taureau Mnévis.

Toutes les tombes sont situées sur la rive est du Nil, creusées dans "La montagne de l'Est", elles sont encore appelées : "la place des faveurs" ou "la place des favoris". Elles constituent des sources indispensables pour étudier la religion, l'art, l'histoire, essayer de comprendre les successions au trône, notamment le rôle des femmes, et trouver des éléments permettant de reconstituer l'architecture de monuments de la cité.

Boundary stela U Stèle frontière U

La construction de tombes monumentales pour les nobles d'Amarna est annoncée dans la "Earlier proclamation", le décret de fondation de la cité d'Akhetaton, texte gravé en l'an 5 du règne d'Akhénaton, sur les stèles M et X, puis recopié sur la stèle K. Ce sont les premières d'une série de stèles frontière qui délimitent le territoire d'Akhetaton et annoncent le programme de construction voulu par le roi.

Malgré cette harangue du souverain, seule une cinquantaine de tombes ont été commencées, dont vingt-quatre portent des inscriptions (parfois réduites à quelques lignes); aucune n'a été achevée et une seule (TA 23, Any) a probablement servi à un enterrement. Ceci est à mettre en rapport avec les 130 à 240 fonctionnaires de haut rang qui, selon les estimations, étaient présents à Amarna. Ainsi, un cinquième au maximum des plus proches collaborateurs d'Akhénaton ont choisi de suivre l'enseignement de leur maître et de se faire enterrer à Amarna.

Il est intéressant de noter que les tombes où le travail est le plus avancé appartiennent à des personnes au service de la famille royale, de temples, ou qui ont en charge le maintien de l'ordre (comme le chef de la police locale, Mahou). En revanche, la TA 12 du vizir Nakht-Pa-Aton, pourtant le personnage le plus important de l'administration, est à peine ébauchée.

Ces tombes sont moins connues du public que celles de Louxor ou de Saqqara, d'une part en raison de l'éloignement du site par rapport aux grands centres, d'autre part en raison de leur caractère peu engageant : les murs grisâtres, souvent très abimés, ayant perdu leurs couleurs, n'attirent pas l'œil. Il s'agit pourtant de monuments fort intéressants par leur originalité et dont l'étude est indispensable pour la compréhension de la période amarnienne. En effet, les changements architecturaux, les bizarreries dans les représentations et plus encore les modifications du programme décoratif nous font pénétrer au cœur du système théologique élaboré par Akhénaton et dont il est le centre. Sans oublier que c'est là seulement que se trouvent tous les Hymnes à Aton (Grand Hymne et Petits Hymnes).

Pourquoi si peu de tombes ont elles été mises en chantier et pourquoi une seule a-t-elle été utilisée ?

Le site d'Amarna n'a été occupé qu'une douzaine d'années, donc un temps très court. Il s'agit d'un argument important, mais qui cependant ne peut pas tout expliquer. Ne disposant que d'indices très ténus, nous en sommes réduits aux hypothèses :

On suppose que le privilège de faire réaliser une tombe dans sa cité sainte est accordé par Akhénaton en personne, qui n'a peut-être pas donné beaucoup d'autorisations.

La pénurie de main d'oeuvre qualifiée : les artisans sont en nombre insuffisant, et on peut penser que les rivalités entre courtisans ont été féroces pour arriver à engager les meilleures équipes. D'autant qu'il fallait s'occuper aussi des tombes de la famille royale.

Il est probable qu'un certain nombre de fonctionnaires soient restés sceptiques sur l'avenir de la réforme religieuse introduite par Akhénaton et sur la pérennité des sépultures locales.

Des notables issus de province ont certainement préféré se faire inhumer dans le cimetière familial de leur nome plutôt que dans ce coin de désert où les cultes avaient peu de chances de leur être rendus.

Historique

C'est John Gardner Wilkinson qui, dans les années 1820, a le premier remarqué l'originalité des tombes amarniennes. Puis Robert Hay et Nestor L'Hote ont également copié quelques reliefs. La première publication significative est celle de Karl Lepsius dans ses Denkmäler.
La publication de référence sur les tombes amarniennes reste celle de Norman de Garis Davies, "The rock tombs of el-Amarna", éditée en six volumes au début du XXe siècle. Dès cette époque, Davies a dû s'appuyer sur les descriptions antérieures faites notamment par Lepsius pour restaurer des zones qui avaient disparu entretemps. Car ces chapelles rupestres ont beaucoup souffert en raison de la mauvaise qualité d'ensemble de la roche, des dégradations volontaires de l'époque post-amarnienne (persécution de la mémoire d'Akhénaton), des moines coptes, des squatteurs, vandales et pilleurs modernes.

Situation

A- Akhetaton, la cité du soleil

La cité d'Akhetaton ("Akhet-Aten', "Horizon-de-l'Aton" ou "Horizon-du-disque-solaire") est sortie du néant par la volonté du pharaon Akhénaton exprimée en l'an 5 de son règne. Elle se situe sur le site de Tell el-Amarna, à peu près à mi-chemin entre Thèbes (Louxor) et Memphis. La cité a été occupée pendant une douzaine d'années par 20 à 40.000 habitants, avant d'être abandonnée puis démantelée.
La ville, a été bâtie sur la rive orientale du Nil, dans un immense cirque sablonneux et inhospitalier, vierge de toute occupation antérieure. Elle est bordée sur une grande partie de sa circonférence par des falaises d'une centaine de mètres de haut, que domine un haut plateau désertique. La distance entre les deux points extrêmes situés au nord et au sud du cirque est de 12 km. Au niveau de ces deux points, les falaises touchent presque le Nil. Par ailleurs, la distance maximale entre le fleuve et les falaises est d'environ 5 km. Plateau et falaises sont interrompus de place en place par des vallées sèches ou des ouadis (anciens lits de torrents), dont l'un mène à la nécropole royale. Au sud-est, le plateau s'abaisse en une languette désertique irrégulièrement plate d'environ 3 km de large.

B- Les tombes des nobles

Les sépultures des notables sont creusées dans les falaises qui encerclent la cité, "La grande et vénérable colline d'Akhetaton" ; "la montagne à l'est d'Akhetaton, la place de Maât". Elles se trouvent donc, comme la ville, sur la rive droite. Ce choix "insiste sur une vie éternelle émanant de ce monde plutôt que sur une vie issue de la mort et prenant place dans un autre espace" (Martinez).

Les tombes sont divisées en deux groupes, au nord et sud du ouadi conduisant vers la nécropole royale. Chaque groupe constitue le point d'arrivée d'un réseau de pistes interconnectées avec la cité.
Les tombes sont à des degrés d'achèvement variable et sont remarquablement diverses, diversité dont on doit tenir compte lors de leur analyse. Aujourd'hui, il est généralement admis que les travaux ont commencé, se sont déroulés et se sont terminés dans les deux groupes en même temps.

L'autorisation de se faire aménager une tombe était sans doute donnée par Akhénaton en personne, mais on ne sait pas qui choisissait le lieu de la concession, ni sur quels critères.
Signalons qu'à côté des tombes numérotées, il y en a autant qui ne le sont pas : parfois à peine ébauchées, on ignore tout de leurs propriétaires ().

1) - Tombes du groupe nord

( et )

La façade est taillée dans la falaise
verticale qui surplombe l'entrée

Situées au nord-est de la ville et près de la stèle frontière V, elles se répartissent en deux sous-groupes séparés par un ouadi, les tombes n°1 et n°2 au nord, et les n° 3 à 6 au sud. Elles se trouvent à 85 m de hauteur, creusées en surplomb d'une pente formée de débris rocheux, et à la base de la partie verticale de la falaise qui a servi de façade.
La plupart sont constituées par la succession de deux salles, plus une niche destinée à la statue du défunt au fond de la seconde salle.
Ces tombes ont été occupées par les moines chrétiens, qui y ont parfois ajouté des pièces et ont converti la grande tombe n°6 de Panehesy en église.

a) - Six tombes sont numérotées

(seuls les titres principaux des propriétaires sont mentionnés ici) :

Tombe TA 01 : Houya est "Directeur du harem royal et des Trésors, chambellan de la Grande Épouse Royale Tiy".

Tombe TA 02 : Meryrê (II) est "Scribe royal, chambellan, superviseur du double trésor, directeur du harem royal de Néfertiti."

Tombe TA 03 : Ahmès est "Vrai scribe du roi, porte-éventail à la droite du roi, chambellan du domaine d'Akhetaton".

Tombe TA 04 : Meryrê est "Grand prêtre d'Aton à Akhetaton, porte-éventail à la droite du roi". Son cas est très intéressant, nous l'avons vu, puisqu'il s'agit vraisemblablement du même personnage que Meryneith, possesseur d'une tombe à Saqqara.

Tombe TA 05 : Pentou est "Scribe royal, premier après le roi, serviteur en chef d'Aton dans Akhetaton, chef des médecins".

Tombe TA 06 : Panehesy est "Serviteur en chef d'Aton dans le temple d'Aton dans Akhetaton". Il s'agit donc du Grand Prêtre d'Aton.

b) - Les autels du désert

()

On désigne ainsi un groupe de trois structures en briques crues, alignées le long de la piste nord. Chacune est constituée d'une plateforme à laquelle on accède par une ou quatre rampes. Leur fonction reste hypothétique, mais il est probable qu'ils sont en rapport avec le culte funéraire de certains des défunts du groupe nord, notamment les deux prêtres, Meryrê (Tombe n°4) et Panehesy (tombe n°6). Il est possible que la cérémonie de remise des tributs de l'an XII s'y soit déroulée (cf page 3).

2) - Tombes du groupe sud

Tombs of the South groupTombes du Groupe Sud. La petite façade de TA 20 (anonyme)
est taillée vers le bas, dans le socle rocheux

C'est le groupe le plus vaste, avec 19 tombes numérotées.
Elles ont été creusées dans une suite de falaises basses situées au sud et à l'est de la ville dans une roche de très mauvaise qualité. Leur entrée, le plus souvent en contrebas (), est régulièrement ensablée. Leur plan est plus varié que celui des tombes du groupe nord, mais elles sont moins impressionnantes.

Les plus importantes sont :

Tombe TA 07 : Parennefer est "Artisan royal, laveur de mains de Sa Majesté". C'est le seul personnage dont on est sûr qu'il a débuté une tombe à Thèbes (TT 188), qu'il a ensuite abandonnée pour en commencer une autre à Amarna.

Tombe TA 08 : Toutou est "Chancelier, serviteur en chef de Neferkheperourê-ouaenrê dans…? du temple d'Aton dans Akhetaton, superviseur de tous les travaux de Sa Majesté, superviseur de l'argent et de l'or du seigneur du Double-Pays".

Tombe TA 09 : Mahou est "Chef de la police à Akhetaton".

Tombe TA 10 : Ipy est "Scribe royal, chambellan".

Tombe TA 11 : Ramose est "Scribe royal, commandant des soldats du seigneur du Double-Pays, chambellan des domaines de Nebmaâtrê (Amenhotep III) ".

Tombe TA 12 : Nakhtpaaten est "Noble, chancelier, vizir".

Tombe TA 13 : Neferkheperou-her-sekheper est "Maire d'Akhetaton".

Tombe TA 14 : May (a) est "Flabellifère à la droite du roi, scribe royal, scribe des recrues, chambellan de la maison de Sehetep-Aton, chambellan de la maison de Ouaenrê à Héliopolis, superviseur du bétail du domaine de Rê à Héliopolis, supérieur de tous les travaux du roi, général pour le seigneur du Double-Pays".

Tombe TA 15 : Souti est "Porte-enseigne des suivants de Neferkheperourê".

Tombe TA 16 : le propriétaire de cette tombe est inconnu. Elle comporte une impressionnante salle à colonnes, presque terminée.

Tombe TA 19 : Setaou est "Superviseur du trésor du seigneur du Double-Pays".

Tombe TA 23 : Any est "Scribe royal, scribe de la table d'offrandes d'Aton, chambellan du domaine de Aakheperourê (Amenhotep II)".

Tombe TA 24 : Paatenemheb est "Scribe royal, superviseur des soldats du seigneur du Double-Pays, chambellan du seigneur du Double-Pays".

Tombe TA 25 : Ay est "Père divin, flabellifère à la droite du roi, superviseur des chevaux de Sa Majesté". C'est lui qui succédera à Toutankhamon et dont le règne terminera la "période amarnienne".

L'architecture et le travail dans la tombe

1)- Les éléments architecturaux

Le plan des tombes amarniennes est différent du plan en T inversé classique de la XVIIIe dynastie. Il n'y a pas de plan type, les tombes varient dans leurs dimensions, leur plan, la présence ou l'absence de colonnes… Les plus grandes comprennent une cour, une façade, jusqu'à trois salles, jusqu'à six niches à statues et jusqu'à deux escaliers ou puits menant aux chambres funéraires.
Habituellement, la cour n'est pas terminée et deux salles au maximum sont achevées. Mais nombreuses sont les tombes qui sont réduites au début du couloir d'entrée.

Selon Arp, la taille de la tombe et l'existence de colonnes sont liés à la situation du monument et à la qualité de la roche, mais sont sans rapport avec l'importance ou le nombre des titres du propriétaire. C'est ainsi que le général Ramose, qui habite une des plus grandes maisons d'Akhetaton ne dispose que de la modeste tombe TA 11.

Facade of TA 11
south group tomb
Façade de TA 11
tombe groupe sud

Les façades

Elles mesurent jusqu'à cinq mètres de haut et en moyenne neuf mètres de large. Dans le groupe nord, nous avons déjà vu que les ouvriers ont profité d'un surplomb naturel pour réaliser les façades, tandis que dans le groupe sud, il a fallu d'abord tailler la pente rocheuse vers le bas jusqu'à avoir un mur vertical de la bonne hauteur avant de creuser l'intérieur.
Les façades ont une surface plane, sans doute parce qu'on pensait les décorer à une phase ultérieure du chantier.

Les colonnes

Schématiquement, on distingue deux types de salles : des salles à colonnes, carrées ou rectangulaires, et des salles rectangulaires sans colonnes. La surface des pièces varie, mais leur hauteur relativement constante, est d'environ quatre mètres. Les colonnes cannelées sont de type papyriforme fermé et portent parfois des tablettes décorées. Elles reposent sur des bases rondes et sont coiffées par une abaque carrée portant des inscriptions.

La présence de colonnes, transforme l'espace en un véritable petit temple, parfois fort impressionnant (). On est là dans la continuité d'une tendance initiée peu de temps auparavant à Thèbes (la tombe de Ramose TT 55, en est un exemple) et qu'on retrouvera surtout à Saqqara : la tombe-temple.

Les architraves et d'autres zones du plafond portent aussi des inscriptions et des motifs peints. Architraves et dessus de portes comportent parfois une corniche à gorge qui peut être monumentale, comme dans la tombe d'Ay.

Niches et statues

Il semble que toutes les tombes privées d'Amarna ont pour vocation d'accueillir une statue au moins du propriétaire. Mais quelques statues seulement ont été taillées et il n'en reste que quatre en place. La mieux préservée est celle de la tombe d'Any. La statue était placée dans une niche aménagée, soit à l'extrémité de l'axe principal de la chapelle, soit sur les côtés dans le cas d'une grande salle à colonnes. Très peu de ces niches ont été achevées.

Structures souterraines

Les structures souterraines n'ont curieusement pas été une priorité. Elles sont réduites à un puits funéraire ou un escalier (), creusés dans le sol, aboutissant à une petite pièce à peine dégrossie, ébauche d'une chambre funéraire. D'ailleurs, aucune inhumation ne semble avoir eu lieu, sauf dans la tombe d'Any, TA 23.

2)- Groupe nord, groupe sud

Chaque tombe amarnienne présente des particularités qui lui sont propres et, malgré toutes les tentatives, il est impossible d'établir une hiérarchie entre elles ou d'un groupe à l'autre ; cette absence de hiérarchisation est un procédé couramment employé par un souverain afin de contrôler une cour en train de se former (Elias, cité par Arp).

Les tombes du

Elles comprennent deux salles sur l'axe principal et une niche à statue à son extrémité ; un puits mène généralement de la deuxième salle à la chambre funéraire. Le décor, s'il existe, n'a été exécuté que sur les murs de la première salle, tandis que la seconde salle ne montre aucun signe de préparation, que la niche à statues ait été ou non décorée.

Les tombes du

Dix sur seize comportent une salle rectangulaire à colonnes, perpendiculaire à l'axe principal ; le nombre de colonnes peut atteindre 24. Les niches à statues sont le plus souvent situées sur les côtés, entre les rangées de colonnes (par exemple, TA 14), mais aussi à l'extrémité de l'axe principal.
Lorsqu'une salle rectangulaires à colonnes est perpendiculaires à l'axe de l'entrée (TA 14) l'accès à la chambre funéraire se fait toujours par un escalier, partant du sol et pratiquement caché entre les colonnes. Dans ces tombes, la décoration murale est toujours limitée aux parois droite et gauche du petit couloir d'entrée.

3)- Le travail dans la tombe

La qualité du calcaire d'el-Amarna est très médiocre, et il a donc fallu beaucoup de travail et de préparation pour obtenir des surfaces lisses. De grandes quantités de nodules de silex ont dû être retiré du calcaire, laissant des trous qu'il a fallu reboucher au plâtre. De ce fait, une grande partie des reliefs ont été réalisés dans du plâtre, ce qui a augmenté la vulnérabilité des décors pariétaux (destruction, découpage, pourrissement).

Plusieurs corps de métiers distincts interviennent sur le chantier. Ils ne travaillent pas en équipes, mais sont détachés d'un pool commun, sans coordination entre eux.

La première équipe de tailleurs de pierres

Ils attaquent la première pièce au niveau de son plafond, puis ils taillent la pierre vers le bas, quasiment jusqu'au niveau du sol futur. Il s'agit d'un travail précis, car il faut dès le début avoir une vue d'ensemble de la pièce et penser à laisser un surplus de roche pour permettre le travail plus fin qui va suivre. Dès ce stade on bouche les fissures à l'aide de plâtre.

La seconde équipe

Les carriers affinent le travail de la première équipe pour rapprocher le diamètre des colonnes de celui qu'il aura au final.

Une troisième équipe

C'est elle qui assure la taille finale et donne l'aspect définitif. Les marques de ciseaux sont enlevées par frottement et à l'aide de plâtre

Les plâtriers

Ils doivent recouvrir de plâtre toutes les surfaces autres que le sol. Ces deux dernières équipes font appel à des ouvriers hautement qualifiés, capables de travailler au juger.

Ensuite viennent les dessinateurs

Ils esquissent tout d'abord les scènes et les hiéroglyphes à l'encre noire ; le maître dessinateur fait ensuite les corrections en rouge. Il persiste quelques-unes de ces scènes dessinées, par exemple dans la tombe de May.

Puis les graveurs entrent en œuvre.

Ils entaillent scènes et textes dans le plâtre et parfois dans la roche sous-jacente. Leur rôle est surtout de donner une forme et des contours permanents au travail des coloristes, ce qui explique que ces reliefs ne sont pas d'une qualité exceptionnelle.

Enfin, c'est le tour des coloristes

Ils peignent scènes, hiéroglyphes et plafonds. On a du mal à l'imaginer devant l'aspect grisâtre que présentent la plupart des parois, mais à l'origine elles étaient peintes de couleurs aussi chatoyantes que les tombes thébaines. C'est la chute du plâtre, la suie, les grattages… qui rendent leur décor souvent peu engageant.

4)- La rareté de la main-d’œuvre

L'obtention des équipes d'ouvriers devait donner lieu à une compétition féroce et c'était sans nul doute un bon marqueur de la faveur dont jouissait le propriétaire auprès du souverain. L'achèvement progressif des principaux monuments de la ville a certainement libéré certaines catégories d'ouvriers. Cependant le vaste programme lancé par Akhénaton dans la nécropole royale a dû mobiliser à lui seul au moins deux corps de métier spécialisés dans le travail des tombes, les carriers et les plâtriers.

Ainsi, c'est la pénurie de main-d’œuvre qualifiée pendant le fonctionnement de la ville, plus que l'abandon de cette dernière, qui expliquerait pourquoi les tombes d'Amarnasont inachevées.. Le petit nombre d'artisans explique aussi une remarquable unité de style dans le décor de ces chapelles.