Nouvelles investigations dans la tombe de ToutankhamonNew investigations in king Tut's tomb

Depuis que Nicholas Reeves a émis en 2015 l'hypothèse qu'il y avait deux salles cachées derrière les murs nord et ouest de la salle du sarcophage, nous suivons avec passion les investigations faites pour affirmer ou infirmer cette hypothèse. La première étude montrait effectivement selon son auteur (Watanabe) les deux salles tant espérées. Mais ces résultats furent mis en doute et une seconde équipe, sponsorisée par National Geographic, recommenca l'étude... et ne trouva rien. Immense déception chez tous ceux qui suivaient l'histoire.
Devant ces résultats discordants, l'affaire fut mise en sommeil. Mais voici que le gouvernement égyptien vient d'accepter la proposition (vieille d'un an, tout de même) de l'Université Polytechnique de Turin, pour réaliser une nouvelle étude avec un matériel de dernière génération. Le directeur de la mission italienne, Franco Porcelli, affirme qu'avec leur matériel, ils sauront "à 99%" s'il y a ou non des cavités derrière ces deux murs. L'étude, qui va durer une semaine, s'étendra aussi à l'extérieur, car des cavités suspectes auraient été signalées à quelques mètres de la tombe KV62 ; une en particulier, découverte en mai dernier, va être explorée à nouveau. Toutefois, la Vallée des Rois étant criblée de fissures naturelles, une grande prudence s'impose.
Les résultats de l'étude seront connus dans quelques semaines seulement. Cela n'a pas empêché une rumeur selon laquelle une zone vide de 15 m de longueur aurait été trouvée. Le Service des Antiquités a vigoureusement démenti.

Since Nicholas Reeves hypothesized in 2015 that there were two rooms hidden behind the north and west walls of the sarcophagus room, we follow with passion the investigations made to affirm or refute this hypothesis. The first study did indeed show, according to its author (Watanabe), the two much awaited rooms. But these results were questioned and a second team, sponsored by National Geographic, resumed the study... and found nothing. Huge disappointment among all those who followed the story.
. Faced with these discordant results, the case was put to sleep. But now the Egyptian government has just accepted the proposal (already one year old) from the Polytechnic University of Turin, to carry out a new study with the latest generation equipment. The director of the Italian mission, Franco Porcelli, said that advanced radar systems would be used to find out "with 99% accuracy" whether "hidden structures of archaeological importance are next to Tutankhamen's tomb". The study, which will last for a week, will also extend to the outside, as the presence of suspect cavities has been reported a few metres from the KV62 tomb. However, as the Valley of the Kings is riddled with natural cracks, great caution must be exercised.
The results of the study will be known in a few weeks only, but rumors have spread already about the discovery of a 15 m deep hole.But the Supreme Council of Antiquities has denied any new discovery in Tutankhamun's tomb so far.

La redécouverte du mastaba de Dame HetepetAll you need to know about Hetepet's Tomb

Photos: Egypt Ministry of Antiquities, SCA


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Le mastaba de la Dame Hetepet a été découvert sur le plateau de Guiza en 1909. Il date de l'Ancien Empire, probablement la Ve dynastie (autour de 2500 avant J.-C.). Divers reliefs furent retirés de la chapelle funéraire et entrèrent dans la Liebieghaus de Francfort () et au Musée égyptien de Berlin. Les rapports de fouilles sont quasiment inexistants.
Et la tombe est retombée dans l'oubli pendant plus d'un siècle.
C'est ce monument qui a été (re)découvert à la fin de 2017 par une équipe d'archéologues égyptiens dirigée par Mostafa Waziri, secrétaire général du Supreme Council of Antiquities, et qui a fait l'objet d'annonces très médiatiques des autorités égyptiennes.

Hetepet est un personnage de haut rang, proche de la couronne. Elle porte les titres de "prêtresse d'Hathor", "[celle qui est] connue du roi" et "propriétaire foncier". Le nom de son père n'est que partiellement préservé et commence par "Nef...". Aucun époux n'est mentionné, mais la dame a des enfants.
Le décor est essentiellement peint, avec peu de sculptures, ce qui est assez inhabituel pour l'époque. Ce décor, de grande qualité, est très bien conservé. Outre les scènes habituelles de chasse et de pêche, de travaux agricoles, de scènes de fête, avec des danseuses (), on trouve des scènes d'offrandes par les enfants d'Hetepet () et des scènes plus originales. Par exemple, des chanteurs et musiciens derrière lesquels danse un singe () ; la seule autre scène connue qui se rapproche de celle-ci se trouve dans un mastaba de Saqqara, où un singe danse devant un guitariste. Un autre singe tient un panier qu'il vient sans doute de chaparder et en mange les fruits (). Par ailleurs, on trouve une représentation d'ouvrier entretenant un brasier pour fondre du métal (). Autre originalité, une grande scène de joutes fluviales entre bâteliers.
Waziri souligne le caractère très prometteur de la zone et rappelle qu'on estime que seuls 40% des richesses archéologiques de l'Égypte se trouvent en surface, le reste se trouvant sous terre. C'est ainsi que la découverte de la tombe d'Hetepet a demandé l'évacuation de 200 à 300 m³ de terre.

The mastaba of Lady Hetepet was excavated on the Guiza plateau in 1909. It dates back to the Old Kingdom, probably the Vth dynasty, around 2500 BC. Various reliefs were then removed from the funerary chapel and entered the Liebieghaus in Frankfurt () and the Egyptian Museum in Berlin. The tomb remained virtually unpublished, and fell back into oblivion.

It is this monument which was (re)discovered at the end of 2017 by a team of Egyptian archaeologists led by Mostafa Waziri, secretary general of the Supreme Council of Antiquities and was the subject of very mediatic announcements by the Egyptian authorities.
Hetepet was a woman with a high social position, a top official in the royal palace. She bore the titles of "priestess of Hathor", "acquaintance of the king", and "landowner". Her father's name is only partially preserved and begins with "Nef...". No husband is mentioned, but the lady had children.
The tomb has the architectural style and the decorative elements of the Fifth Dynasty, with an entrance leading to an 'L' shaped shrine. The decoration is mainly painted, with few sculptures, which is quite unusual for the period. The wall paintings are in a very good conservation condition depicting Hetepet standing in different hunting and fishing scenes, or receiving offerings from her children ().
The paintings also show scenes of musical and dancing performances as well as two scenes featuring monkeys -domestic animals at the time. One shows a monkey carrying a basket (probably stolen) and picking fruit (). Another monkey is dancing in front of an orchestra (). Only one other painting of a dancing monkey has been found previously, with a monkey dancing in front of a guitarist in a tomb at Saqqara.
The tomb also includes depictions of people melting metal (), making leather goods, dancing and a sailors fight.
On its western rear end there is a rectangular arcade lined with incense and offering holders. There is also a naos with a yet missing statue of the tomb's owner.
Waziri said: "This is a very promising area. We expect to find more. We have removed between 250-300 cubic meters of earth to find the tomb. What is seen above earth's surface in Egypt doesn't exceed 40 percent of what is buried."

Inauguration du musée en plein air de Matariya (banlieu du Caire)Inauguration of an open-air museum in Matariya (Cairo suburb)

Photos : Egypt Ministry of Antiquities

Depuis 1988, le ministère des antiquités travaille sur ce projet, qui se situe sur le site de l'ancienne Heliopolis. Le musée montrera 135 pièces dont l'ancienneté s'échelonne de l'antiquité à l'époque moderne. On trouve notamment le grand obélisque de Sésostris I (Moyen Empire, XIIe dynastie) qui se trouvait devant l'entrée du grand temple de Rê ; taillé dans le granit rose des carrières d'Assouan, il mesure 20,40 m de haut et pèse 121 tonnes.

The opening came after the completion of the development project which was prepared by the Antiquities Ministry to revive the area and make it an important tourist attraction on the site of ancient Heliopolis. The museum will contain 135 artifacts from ancient times to the modern era, including the obelisk of King Senusret I, one of the kings of the 12th dynasty, which was erected in front of the temple he built for the worship of the god Ra, and it is carved from pink granite of Aswan quarries, with a height of 20.40 meters, weighing 121 tons.

Découverte d'un cimetière tardif près de Tuna el-GebelDiscovery of 26th Dynasty cemetery in Minya

Photo: Egypt Ministry of Antiquities

Ce cimetière se trouve en Moyenne Égypte, près de la ville moderne de Minya, à quelques kilomètres de la nécropole de Tuna el-Gebel. La fouille a débuté vers la fin de 2017. Le cimetière se compose de plusieurs puits funéraires (au moins 8) qui datent de l'époque tardive et du début de la période ptolémaïque. Une quarantaine de sarcophages en calcaire avec des couvercles anthropoïdes comportant le nom et les titres du propriétaire ont été retrouvés (), ainsi que quatre vases canopes en calcite (faussement appelé "albâtre"); leurs bouchons sont à l'effigie de Amsit, Hapi, Douamoutef et Qebesenouef, les Quatre Enfants d'Horus (NB : il s'agit d'Horus l'Ancien, pas du fils d'Isis et Osiris). Ces vases sont inscrits et en excellent état; ils contiennent encore les viscères momifiés de leur propriétaire. Par ailleurs, plus de 1000 serviteurs funéraires (ouchebtis ou chaouabtis) intacts () et d'autres artéfacts, ont été trouvés.
La momie d'un grand-prêtre de Thot, du nom de Djehouty_irdy-es (?) a été trouvée. Elle est décorée de bijoux en bronze doré (sans doute recouvert d'une fine feuille d'or, voir ), de colliers de perles bleues et rouges, tandis que les yeux sont en bronze associé à de l'ivoire et une roche cristalline.
Une autre tombe familiale contient un ensemble de gigantesques sarcophages de taille et de forme différentes () ainsi des ouchebtis portant les noms de leur propriétaire qui étaient prêtres.
Le site de Touna el-Gebel est déjà bien connu pour ses nécropoles de babouins et surtout d'ibis - les deux animaux du dieu Thot - et comporte quelques tombes déjà bien connues, comme celle du grand prêtre Pétosiris. Le site, qui se trouve près de l'antique cité d'Hermopolis est sous la dépendance de Thot, dieu de la sagesse et de l'écriture.

The burial site was discovered in Middle Egypt, close to the modern town of Minya, north of the necropolis of Tuna el-gebel, on the edge of western desert. Excavation work in the area started in late 2017. The cemetery consists of a large number of burial shafts (8, at least) that could be dated to the late pharaonic period and early Ptolemaic era. Some 40 limestone sarcophagi were discovered, having anthropoid lids decorated with the names and different titles of their owners (). Four canopic jars made of alabaster with lids that have the faces of the four sons of Horus were also unearthed. They are in a very good state of conservation and still contain the mummified inner organs of the deceased. The jars are carved with hieroglyphic texts showing the name and titles of their owner. Also over 1000 ushebtis, and other artefacts were discovered ().
The mummy of a high-priest named "Djehuty-Irdy-Es" (?) was also found; it is decorated with a bronze collar that depicts the goddess Nut (), and by a collection of blue and red beads as well as bronze gilded sheets, while the eyes are carved in bronze and ornamented with ivory and crystal beads.
Another family tomb was uncovered. It houses a collection of gigantic sarcophagi of different shapes and sizes (), and ushabti figurines bearing the names of their owners who were priests during their life time.
Tuna el-Gebel is already well known, hosting a large animal necropolis of thousands of mummified ibis and baboons, and human tombs, among them the famous tomb of Petosiris. The area is in the vicinity of the antique town of Hermopolis and under the protection of Thot, god of wisdom and writing, and the burials belong to priests of this god.

Les restes d'un temple d'époque romaine retrouvés près d'AssouanRemains of Roman temple discovered in Egypt's Aswan

Photos: Egypt Ministry of Antiquities

De jeunes archéologues Égyptiens en formation viennent de découvrir les restes d'un temple en grès d'époque romaine sur le site de Kom el-Rasras, dans le gouvernorat d'Assouan. Le monument date du second siècle de notre êre, comme en témoignent les noms des empereurs romains qui y ont été retrouvés: Domitien, Hadrien, Antonin-le-pieux... Il est probable que ce temple ait été en rapport avec une zone d'habitation des ouvriers travaillant sur le site des carrières de Gebel el-Silsileh, car le nom Khenou à été découvert sur un des blocs.

The Egyptian Excavation Field School has recently uncovered the remains of a sandstone temple, dating back to Egypt's Roman period, at the archaeological site of Kom Al-Rasras, in the governorate of Aswan. The temple dates back to the second century AD, judging by the names of different Roman emperors found, including Domitian (81-96 AD), Hadrian (117-138 AD) and Antoninus Pius (138-161 AD). The site of the discovery might be connected to Gebel Al-Silsila area as the temple was most probably a part of the residential area of the quarry workers because the name of the site, Khenu, was engraved on one of the discovered blocks.

Nouvelle publication: "Clot-Bey. Un médecin français à la cour du Pacha d'Égypte"

Docteur en médecine, Membre de l'Académie de Marseille, Président de l'Association Provence-Égyptologie, Bruno ARGÉMI s'est intéressé à un personnage haut en couleurs mais méconnu, alors que l'Égypte moderne lui doit beaucoup : Antoine-Barthélemy Clot, plus connu sous le nom de Clot-Bey. Il lui a consacré cette biographie, qui fondée sur une documentation exhaustive, retrace la vie de l'homme et du médecin et dresse un portrait nuancé de ce personnage plein de contrastes, qui a contribué à écrire l'une des pages les plus importantes du développement de l'Égypte moderne.
Né à Grenoble en 1793, Antoine-Barthélemy se rend en 1813 à Marseille pour étudier la médecine. Docteur en médecine en 1820 à Montpellier, il est docteur en chirurgie en 1823.
Doté d'une forte personnalité, il a été évincé de ses postes hospitaliers et de la Société académique de médecine de Marseille. En 1825, il est recruté par Tourneau, un Français au service du pacha d'Égypte Méhémet-Ali, en tant que médecin et chirurgien en chef de l'armée de ce dernier. Antoine-Barthélemy Clot s'embarque le 21 janvier 1825. Son contrat, prévu pour cinq ans, se prolongera jusqu'en 1849.
Clot a été le maître d'œuvre de la modernisation des institutions médicales égyptiennes. Il crée un Conseil de santé, remet de l'ordre dans le service sanitaire militaire, puis fonde un gigantesque complexe hospitalier à Abou-Zabel, ainsi qu'une école de médecine ; il développe la vaccination antivariolique et fonde une école de sages-femmes. Après l'épidémie de choléra de 1831, son dévouement exemplaire lui vaut d'être fait bey par Méhémet-Ali.
Clot-Bey avait acquis une importante collection d'antiquités égyptiennes, qu'il a cédée à la ville de Marseille. On peut aujourd'hui en admirer les pièces au musée de la Vieille Charité.
Éditeur : Gaussen, 20€

Le secret du plissé des habits égyptiens : de la cire d'abeille !The secret of the pleated Egyptian clothes: beeswax!

Les anciens égyptiens utilisaient vraisemblablement de la cire d'abeille pour donner aux tuniques de lin un plissé serré, qui s'est parfaitement préservé depuis plus de 4000 ans. Cette hypothèse s'appuie sur les analyses scientifiques conduites sur des tissus conservés au Musée égyptien de Turin et remontant à la période comprise entre la cinquième et la onzième dynastie (2700-2000 av. J.-C.). Le musée "possède l'une des collections de tuniques plissées les plus remarquables au monde: douze pièces, dont la moitié sont encore intactes", explique le restaurateur des tissus anciens Cinzia Oliva. Les vêtements ont été trouvés dans la plupart des cas dans des inhumations de femmes, probablement de haut rang.
"En regardant ces tissus - souligne le restaurateur - nous sommes étonnés de voir comment l'alternance des plis est parfaitement préservée, avec la moitié des plis vers le haut et l'autre moitié vers le bas, sans les lacérations qui se forment si souvent dans les plis des tissus anciens.
Pour révéler le secret des tailleurs égyptiens, les chercheurs se tournèrent vers les chimistes de l'Université de Turin. Grâce à la spectroscopie infrarouge, ceux-ci ont détecté la présence de matériel cireux, qui a été identifié comme étant de la cire d'abeille par spectroscopie à résonance magnétique nucléaire. Cependant, ces résultats sont encore préliminaires et l'analyse de plus de tissus est nécessaire.

The ancient Egyptians used beeswax to give the linen tunics a dense pleating that has been perfectly preserved for over 4,000 years: this hypothesis relies on the scientific analyses conducted on some preserved fabrics at the Egyptian Museum in Turin and dating back to the period between the fifth and eleventh dynasty (2,700-2,000 BC). The museum "owns one of the most conspicuous collections of pleated tunics in the world: they are 12, 6-7 of which are still intact", explains the restorer of ancient fabrics Cinzia Oliva. The garments were found in mostly female burials, probably belonging to women of high rank.
"Looking at these fabrics - the restorer points out - we are amazed to see how the alternating pleating was perfectly preserved, with half of the folds facing upwards and the other half facing downwards, without those lacerations that normally form in the folds of ancient fabrics".
To reveal the secret of Egyptian tailors, experts turned to chemists at the University of Turin. Thanks to infrared spectroscopy they have detected the presence of waxy materials, which was identified as beeswax by using nuclear magnetic resonance spectroscopy. The results are still preliminary, however, and analysis of more tunics is needed.