Les corridors

Les photographies sont extrêmement difficiles en raison de l'absence de lumière, mais surtout de l'étroitesse des passages qui ne permettent pas de prendre du recul. Nous ferons donc essentiellement appel aux plans du MIFAO et aux planches photographiques du Steindorff qui, malgré leur âge, restent incontournables.

Premier corridor (C1)

Il mesure 5,90m de longueur, et il est limité à chaque extrémité par une embrasure. Sur son mur ouest se trouve la fausse-porte de Neferhetepes.

Embrasure d'entrée

Les deux côtés sont symétriques, occupés par une seule composition : trois images successives de Ty, tourné vers la cour, surmontées de onze colonnes de texte détaillant ses titres et fonctions. Côté est : et  ; côté ouest : et .
A chaque fois, Ty est représenté debout, pieds nus, les reins serrés par un pagne triangulaire à devanteau, avec un large collier autour du cou, et tenant un grand bâton mes dans la main droite. Son nom figure en regard de son visage. Manifestement, il est en train de remplir un office sacerdotal.
Le premier Ty, le plus près de la cour, est coiffé d'une perruque longue et serre dans sa main gauche une pièce de tissu. Il porte un baudrier croisé sur la poitrine, auquel est attaché un grand et intéressant pendentif représentant Bat, une déesse vache.

Le second Ty tient dans sa main gauche un sceptre sekhem. Sa perruque est ronde, avec des boucles étagées. Son corps est couvert d'une peau de léopard, prouvant qu'il exerce ici la fonction de prêtre-sem.
Le troisième Ty serre un rouleau dans la main gauche, et porte une perruque longue, tandis que sa poitrine est barrée par une grande pièce d'étoffe.
A l'entrée de la partie intime de sa chapelle, Ty rappelle ainsi aux visiteurs son statut social sur terre, et notamment le rôle sacerdotal très important qui était le sien dans les pyramides et temples solaires où il devait officier.

Mur ouest

(, hélas floue…)

Une grande stèle fausse-porte divise le mur en trois parties ().

1) - De part et d'autre de la stèle

La paroi est décorée de rangées de porteurs d'offrandes disposés en registres d'environ 0,35m de hauteur, dont il persiste quatre à droite et six à gauche. Nous ne les détaillerons pas et renvoyons aux planches du MIFAO ainsi qu'aux photos de Steindorff.
À droite, le registre du bas mérite une mention particulière (). D'une part, il comporte plusieurs 'serviteurs du ka', d'autre part, il porte le cartouche du roi "ka-ka-i", donc Neferirkare. Il est placé sous un grand récipient, tenu par le troisième et le quatrième porteur, dans lequel sont empilés des oiseaux troussés. Il faut sans doute comprendre qu'il s'agit là d'un don du roi pour les funérailles de Ty.
À gauche, on distingue encore vaguement, au-dessus du sixième registre de porteurs, les restes d'un septième qui montrait des offrandes posées au sol. Lorsqu'on examine soigneusement les hommes, désignés parfois comme prêtres du Ka, on constate qu'ils ont fort probablement été dessinés à partir d'un modèle de type pochoir, car leurs attitudes sont très stéréotypées : il semble qu'il y ait eu un corps type, auquel on associait selon le besoin différents types de bras : le long du corps, pendant légèrement replié, soutenant un objet, portant des volailles, etc…

2) - La fausse-porte

()

Cette stèle magnifique est dédiée à Nefer-hetep-es (Neferhetepes), l'épouse de Ty. Celle-ci est représentée partout à l'identique : elle porte une robe collante à double bretelle, qui doit forcément couvrir le sein, mais ce dernier reste représenté en temps que symbole de féminité. Sur sa poitrine s'étale un large collier ousekh à plusieurs rangs, tandis que son cou est enserré par un "collier de chien" ("choker" en Anglais). Elle porte des bracelets autour des poignets et des chevilles. Elle est coiffée d'une longue perruque tripartite.
La stèle est constituée par un panneau de fond entouré de deux montants de chaque côté, un linteau intérieur (inférieur) et un autre supérieur.
[NB : une traduction complète sera fournie dans quelques temps].

A- Le panneau de fond

Dans cette zone centrale se trouve un petit médaillon rectangulaire, portant un décor symétrique selon l'axe central. Il s'agit de la défunte associée au texte : 2"La vénérable (ou la bienheureuse), (la) connue du roi, Neferhetepes" On retrouve la seconde partie de ce titre dans le tambour sus-jacent (1) .

B- Les montants internes

Ils portent à la base une image de Neferhetepes, surmontée de son nom écrit horizontalement. Au-dessus se trouve une prière ainsi que ses titres, notamment celui de prêtresse d'Hathor : "rxt nswt; xm-nTr Ht-Hr;Hm nTr ;Xkr watt nswt".
À droite, il s'agit d'une adresse à Osiris, afin qu'il accorde une sépulture dans la nécropole à "l'épouse aimée de son mari, l'ami unique Ty"
À gauche, la supplique s'adresse à Anubis, afin qu'il lui vire des offrandes de la table royale chaque jour. Il est également fait mention du dieu Oupouaout, 'l'ouvreur des chemins'.

C- Les montants externes

Ils sont réalisés sur le même modèle, avec un texte plus long mais répétitif.

D- Le linteau interne

Trois lignes de texte courent horizontalement de droite à gauche vers Neferhetepes assise. La défunte demande à Anubis un bel enterrement, des offrandes de pain et bière lors de chaque fête, rappelle ses titres de vénérable, de prêtresse d'Hathor et de Neith.

E- Le tableau central

()

"La connue du roi, Neferhetepes" est assise devant une table comportant des pains. Son siège a des pattes animales (taureau plutôt que lion), et un très petit dosseret à sommet arrondi. Sous la table on trouve le décompte des offrandes attendues : "mille oryx, mille gazelles, mille bœufs, mille pièces de tissus, mille oiseaux, mille pains, mille bières…". De chaque côté, dans un renfoncement qui permet la mise en valeur de la partie centrale, un prêtre du Ka fait une offrande. Celui de gauche présente des tissus : 3"amener les étoffes, par l'inspecteur des serviteurs du ka, Nefer". Celui de droite offre du parfum ou des onguents, avec ce geste délicat consistant à ouvrir le couvercle entre le pouce et l'index : 4"Pour ton ka, Neferhetepes! (par) le serviteur du ka, le scribe royal, Rasekhem"

F- Le linteau supérieur

Il n'en persiste qu'une petite partie, suffisante pour reconnaître la 'pancarte', ce tableau classique à l'Ancien Empire, portant une liste d'offrandes (noms, quantités) réparties dans des cases.

Mur est

()

La paroi est très noircie et, comme pour le mur d'en face, très difficile à examiner (en voici une mauvaise image ). Si l'on en juge par les photos de 1913, il n'y a pas eu de nettoyage depuis cette date.
Il persiste, en totalité ou partie, six registres comportant trente-cinq porteurs d'offrandes chacun, la plupart du temps identifiés comme "prêtre du ka". Devant chaque rangée, à l'extrémité du mur, toujours la même expression : "l'ami unique Ty". Seuls les quatre premiers registres sont conservés quasi totalement ; le registre cinq a perdu une partie de son décor au nord, le sixième registre ne conserve que cinq personnages et le début d'un sixième.
Bien que le décor ait sans doute été réalisé avec un modèle, le décorateur a eu le souci de varier les scènes ; c'est ainsi, par exemple, qu'on trouve, sur le registre 1, des offrandes portées par deux personnages.
Pour donner une idée de l'aspect de la paroi, voici les planches de la partie droite du mur.
 : à droite sur les deux registres une inscription : 1 "apport de mets de choix, les meilleurs de la table d'offrande pour l'ami unique Ty".
 : à droite sur les deux registres une inscription : 1 "apport d'offrandes revenant à la fausse porte de l'ami unique Ty."
 : au registre 5, 1"scribe des livres sacrés, prêtre funéraire…" ; à droite sur les deux registres une inscription : 2 "apport des découpes de choix pour l'ami unique, gardien des couronnes, Ty".

Mur sud

()

Le relief a particulièrement souffert sur cette paroi, et la polychromie a presque disparu, seules les images de Ty conservant quelques couleurs. Le travail de gravure est de qualité, mais très difficile à distinguer, mais une image à effet de survol a pu être réalisée.
Sur le montant gauche de la porte, seul deux prêtres du ka sont encore visibles. Le premier, identifié comme "scribe des équipages, inspecteur des prêtres funéraires" () porte la patte avant d'un bovidé ; le second tient deux oiseaux.
Au dessus de la porte, le premier registre montre cinq fonctionnaires qui, main gauche sur l'épaule droite, se dirigent vers Ty. Le premier est 1"archiviste", le deuxième 2"plus ancien dans la maison", le troisième 3"prêtre funéraire et scribe", le quatrième 4"responsable des étoffes", le cinquième 5"inspecteur des prêtres funéraires".
Le registre du dessus, symétrique par le milieu, montre les QUATRE fils de Ty () : Demedj 1"Demedj son fils aimé", Ty 2"Ty son fils aimé", accompagnés de leurs titres respectifs, sont les seuls mentionnés dans presque toute la littérature. À gauche un autre fils 3"Bounek son fils aimé", signalé par P.Piacentini dans son ouvrage sur les scribes de l'ancien empire, enfin à droite un quatrième fils non identifié, mais l'inscription 4"son fils aimé" ne laisse aucun doute.
Enfin tout en haut Ty, assis sur un siège aux pieds en forme de pattes de taureau, écoute le rapport d'un scribe responsable, qui déploie un papyrus devant lui. Au-dessus de sa tête on peut lire ses titres en rapport avec ses responsabilités funéraires dans les pyramides des rois qu'il a servis.

Embrasure vers le second corridor

L'ouverture mesure 1,17m de large pour 2,10m de haut. Elle est très mal éclairée et impossible à photographier, et il faut donc nous contenter des planches du MIFAO (côté est (g) : et côté ouest (d) : ). Des deux côtés se trouvent des représentations superposables. Ty est montré deux fois, tourné vers le premier corridor. A l'avant, il s'avance, matériel de scribe sur l'épaule, les reins entourés d'une peau de félin, la tête coiffée d'une perruque ronde et courte. Il est accompagné de son fils Demedj. Derrière, il porte une perruque longue, un pagne et un collier autour du cou. Il est cette fois accompagné de son fils Ty (junior). Les deux colonnes de textes portent des titres du maître. Remarquons que Demedj, ici comme ailleurs, semble toujours avoir la préséance sur son frère. Quant aux deux autres fils, ils ne sont même pas mentionnés.

Second corridor

Sa longueur est de 2,75m. Il est interrompu à peu près en son milieu par la porte donnant sur le magasin.

Paroi nord

()

Elle est percée par la porte donnant sur le premier corridor.
Les montants latéraux et le linteau sont en retrait de 0,33m par rapport à la paroi qui les surplombe. Ils sont anépigraphes.
Au-dessus de l'ouverture se trouve une des scènes les plus célèbres du mastaba, magnifiquement exécutée et ayant conservé sa polychromie : Ty en barque dans un marécage de papyrus (). Le bateau est un frêle esquif en roseaux, dont les attaches (parfois encore peintes en jaune) sont bien visibles. Il repose sur un rectangle qui fut bleu un jour, représentant l'eau du marécage. Plus bas sur l'eau à l'avant qu'à l'arrière, le bateau est manœuvré par deux personnages : à l'arrière, l'un des bateliers parcourt la longue proue, poussant de toutes se forces sur une gaffe, tandis qu'à l'avant, l'homme agenouillé tient en main une pagaie et dirige le bateau.

Ty, perruque longue, large collier et pagne à devanteau, se tient debout sur un plancher qui recouvre le fond de l'esquif. Ses deux mains tendues devant lui, il attrape, arrache et présente d'un même geste deux tiges de papyrus, juste sous le départ des ombelles. Ces tiges vertes constituent tout le fond de la scène. Elles se prolongeaient au-dessus, et leurs fleurs s'ouvraient dans un registre supérieur, qui a disparu. Aux pieds du maître, et enserrant sa cheville gauche, se trouve son épouse Neferhetepes qui porte une fleur de lotus à ses narines, tandis que, debout à la proue, un des fils empoigne, comme son père, une tige de papyrus. Les hommes ont une peau rouge foncée, mais selon la convention classique, celle de l'épouse, moins exposée au soleil, est plus claire. Le noir des perruques a complètement disparu.
Il semble qu'il y ait là une allusion symbolique à la récolte et à l'offrande des papyrus à la déesse Hathor (pendant l'Ancien Empire, la représentation des divinités ne faisait pas partie du répertoire de la tombe). Il est probablement significatif que cette scène se trouve au-dessus du passage qui domine le premier corridor où se trouve la fausse porte de Neferhetpes qui, rappelons le, était prêtresse affectée au culte de Hathor.

Paroi est

()

Sur les 4,50m de hauteur initiale, la paroi a complètement perdu son dernier mètre. A sa base, ici comme ailleurs, existe une zone non décorée de 1,50m de haut. Il persiste donc 2m de décors bien conservés, répartis en cinq registres, avec une lacune dans le quatrième et un gros manque (2/3) dans le cinquième.

1) - Premier registre : boucherie

On peut décomposer le registre du bas en cinq scènes, qui se déroulent du nord vers le sud, vers l'entrée de la chapelle. Elles ont été bien étudiées par Montet et Wild. Nous ne reviendrons pas sur l'allure générale des scènes et des personnages, qui sont identiques à celles déjà rencontrées.

A- Scène 1

()

Deux porteurs s'avancent, chacun portant sur l'épaule un grand vase, dont la fonction est précisée : 1"Transporter le vase (pour le) sang". Ils se dirigent vers un premier groupe de deux bouchers, l'un aiguisant son couteau, l'autre découpant la patte avant d'un bœuf qui est maintenu verticalement par un aide. Les pattes arrière sont liées. L'aide est vêtu d'un pagne, comme les porteurs de vases, les deux bouchers ont une jupe. Le premier boucher aiguise son outil avec son aiguisoir, la légende dit 2"aiguiser par le boucher", le deuxième porte son aiguisoir à la ceinture, il tranche la patte et admoneste son aide : 3"tire à toi, (ce) boucher".

B- Scène 2

D'abord s'avance un porteur de vase à sang, 4"voici ce vase", puis un aiguiseur qui dit à son collègue : 5"prend ce couteau que j'ai aiguisé". Enfin, deux bouchers sont à l'œuvre sur l'animal, qui à cette fois les quatre pattes liées. Les légendes disent : 6"découper un jeune bœuf par le boucher", 7"saigner le bœuf par le boucher".

C- Scène 3

Le premier boucher affûte son outil  : 8"aiguiser le couteau par le boucher" ; les deux autres arrachent le cœur de la bête ; les légendes nous disent : 9"découpage d'un jeune bœuf par les bouchers du domaine" et 10"arracher le cœur par le boucher"

D- Scène 4

Elle est identique à la première, avec les légendes suivantes : 11"aiguiser le couteau par le boucher" ; 12"découper un jeune bœuf par le boucher", ce qui ne peut se faire qu'après avoir 13"renverser le bœuf"

E- Scène 5

()

Elle se situe juste avant l'entrée dans la chapelle. Deux hommes de 15"l'équipe du mois" apportent une patte avant. Les textes disent : "17 apporter 14 la découpe (les morceaux de choix) à l'ami unique Ty" ; 17"apporter 15 la nourriture du matin, par le prêtre funéraire du mois" ; 17"apporter 16 la nourriture du soir, par le prêtre funéraire du mois".

2) - Second registre

()

Il représente le transport vers la tombe de deux statues en pied de Ty. L'action se déroule de l'entrée vers le fond du mastaba ().

A gauche, partiellement détruite, se trouve la fin du cortège constitué de porteurs de vases disposés sur deux demi-registres : 1"apporter les vases qbH". Devant eux, nous trouvons deux statues de Ty dans deux chapelles hautes de deux registres, posées sur un traîneau tiré par sept hommes vêtus d'un pagne.

La statue de gauche () se trouve dans une chapelle en matériau léger. Il s'agit d'une 2"statue d'ébène" : Ty tient son bâton mes d'une main et un linge plié de l'autre. Entre sa tête et le toit de la chapelle, on lit : "l'ami unique, aimé de son maître, Ty". On peut remarquer la conservation du bleu notamment sur le nom Ty.
Devant le traîneau, un homme lubrifie le sol pour faciliter la glisse 3"verser de l'eau". Viennent ensuite sept personnages, avec à leur tête un porteur de vase (). Chaque haleur est précédé de l'inscription : 8"beau cortège" pour exprimer la facilité et la beauté de l'action. Au-dessus d'eux se trouvent deux légendes : 4"traction de la statue de l'ami unique Ty, gardien des couronnes" et 6" prêtre funéraire porteurs de vases qbH". Ce dernier texte est en rapport avec le porteur de vase de l'avant, qui a la même fonction rituelle que ceux déjà vus, mais qui semble être aussi 7"scribe du trésor", une position très importante, qui montre, une fois de plus, que tous les porteurs et acteurs de ces scènes ne sont pas de simples domestiques.

La statue de droite de 10"l'ami unique Ty gardien des couronnes", est une 9"statue en acacia" qui montre Ty tenant un sceptre sekhem à la place du linge plié ( et ). Elle se trouve cette fois dans une chapelle à double battant (ou un naos). La statue bénéficie du même service que la première : 13"verser de l'eau, par le directeur des équipage". Au dessus des hommes, on trouve la longue légende 12"transport de la statue de Ty, préposé aux secrets dans la maison du matin".

Au-dessus des haleurs des deux scènes, le demi-registre est occupé par une accumulation d'offrandes, et notamment de nombreux récipients, dont le contenu est inconnu.

3) - Troisième registre

La scène est superposable à la précédente, avec cette fois des statues assises, en pierre.

 La statue de gauche ( et ) représente Ty tenant un linge plié dans sa main droite, avec devant lui un homme présentant un parfum, et derrière un autre tenant un vase qbH. Un directeur verse l'eau sous les patins du traineau pour favoriser la glisse. De nouveau sont représentés sept haleurs, associés à l'expression 3"beau cortège", qui réapparaît. Le texte horizontal dit cette fois : 2"transporter la statue de l'ami unique, gardien des couronnes", puis vient un trou inexplicable, suivi de ce qui constitue manifestement la fin de la phrase "aimé de son maître, chaque jour, Ty".

 La statue de droite () nous montre le maître avec la main droite posée sur sa cuisse. Debout sur le chariot en face de lui, un homme présente une boîte à parfum ouverte à ses narines. Derrière lui, un autre tient un éventail et une pièce de tissu. A l'avant, un haut personnage verse l'eau devant les patins : 4"verser de l'eau par le directeur des équipes du domaine funéraire". Six hommes tirent le traîneau. La légende est d'abord verticale, puis horizontale : 6"Transporter la statue vers la tombe de Ty, pour l'ami unique, préposé aux secrets de la maison du matin, l'aimé de son maître, Ty"

4) - Quatrième registre

Ce sont, de nouveau, deux statues debout qui sont halées par sept et huit hommes respectivement. Elles sont identiques, et aucune chapelle n'est là pour les contenir. C'est peut-être la raison pour laquelle l'une d'elles est maintenue par un aide (). La légende surmontant celle de gauche () dit : 2"beau cortège sur la belle route (pour) le bienheureux (ou le pensionné) auprès du grand dieu, l'ami unique Ty"

5) - Cinquième registre

Un tout petit fragment en subsiste, montrant des offrandes alimentaires.

Paroi ouest

()

À peu près au centre de ce mur s'ouvre l'entrée vers ce qu'il est habituellement convenu d'appeler 'le magasin' (store room du P&M), et que le MIFAO désigne comme salle II.
La paroi est entièrement consacrée à des scènes de navigation qui se répartissent en trois registres (le dernier comprenant deux parties), les deux premiers montrant des navires avançant à la voile, les deux derniers, des navires avançant à la rame. Le minuscule fragment résiduel d'un cinquième registre est inexploitable.
Les bateaux sont, à une exception près, du même modèle, avec une coque incurvée, et une poupe un peu plus haute que la proue. La voile, rectangulaire, est supportée par un double mat maintenu par de nombreux étais. Elle est guidée de l'arrière par deux drisses manœuvrées par un homme qui se tient en hauteur à l'extrémité de la poupe.
La manœuvre de ce grand vaisseau s'effectue à l'aide de plusieurs paires de très grandes rames-gouvernail disposées à l'arrière. En plus de la voile, le bateau dispose de rameurs pour pallier à l'absence de vent. Lorsque la voile est déployée, comme c'est le cas, les hommes sont inactifs et les rames sont relevées.
Pour remonter le courant, les Égyptiens utilisaient aussi la traction humaine, des hommes sur la berge tirant le bateau à l'aide d'une corde. Le fait est rapporté par Hérodote qui parle d'une vingtaine d'hommes. La scène est d'ailleurs représentée dans certaines tombes ; ici, par manque de place, la figuration est symbolique, avec un ou plusieurs hommes, se déplaçant vers l'avant. Il y en a trois avec le bateau à gauche de la porte (en haut à droite). Il y en a un avec le bateau à droite de la porte (en haut à gauche), la légende d'accompagnement précise: "chef d'équipe du domaine". Au registre supérieur, ils sont disposés entre les bateaux, d'abord cinq hommes, puis deux autres transportant la corde de remorquage (ou d'amarrage…).

1) - Registre 1, de chaque côté de l'ouverture centrale

A- À gauche

()

A L'homme de proue dit : 1"fait face à l'ouest", cet ordre est relayé par l'homme assis sur le toit, qui le transmet à la poupe, à celui tenant les drisses, et à ceux qui manoeuvrent les rames. Comme le fait encore de nos jours l'homme de barre exécutant un ordre du pilote, le responsable répond en écho : 2"ouest".

B- À droite

( et )

La scène à droite de la porte commence par une longue légende : 1"retour du delta, après inspection du domaine funéraire, 2 par l'ami unique, 3 gardien des couronnes, 4 seigneur de Nekheb, 5 favori de son maître, 6 conseiller au secrets dans la maison du matin, 7 Ty". Nous avons ainsi la confirmation que le bateau remonte le cours du Nil, ce que sa voile déployée suggérait déjà. Sur le pont, trois hommes discutent, dont un 11"directeur des équipages du domaine" : 9"le temps est beau" dit le premier, son collègue derrière lui se retourne vers le troisième homme et le met en garde : 10"transmetteur d'ordre, attention à la corde, la voile est derrière toi". En haut, un 8"chef d'équipe du domaine" court avec une rame dans la main gauche et un bout de corde dans la main droite.

2) - Registre 2, au-dessus de la porte

()

La flottille comprend trois bateaux identiques naviguant vers le sud, voiles déployées.
À gauche se trouve le bateau amiral, comme l'indique la présence de 2"l'ami unique, gardien des couronnes, Ty" qui se tient debout sur le pont, appuyé sur son bâton. En face de lui, un "chef d'équipe" courbe l'échine (). Le mât comporte à sa base une sorte de formation en cœur, qu'on ne retrouve pas ailleurs. Peut-être s'agit-il d'un système de cordes consolidant les mâts, car ce navire, avec ses dix hommes aux rames de gouverne, est probablement plus grand que les deux autres qui n'en comptent que huit. La légende de gauche proclame : 1"ouest vers le canal" (Montet pense qu'il faut comprendre chenal, la navigation sur le Nil dépendant depuis toujours d'un chenal). Cet ordre est retransmis vers la poupe par le répétiteur.
L'homme de guet à la proue du second bateau signale : 4"à droite, c'est la vraie eau", indiquant probablement l'eau libre, sans obstacle, renseignement qui est répété vers la poupe (5) . Le répétiteur du troisième bateau transmet quant à lui : 6"vers bâbord" ().
Encadrant le mât du navire du milieu des hommes courent, à gauche cinq, à droite deux portant un rouleau de corde. Il s'agit sans doute des préposés chargés de tirer le navire en cas de besoin, ou de ceux qui devaient préparer l'accostage. En effet, il n'y a quasiment pas de port sur le Nil. Lorsqu'un bateau désirait aborder, il trouvait une zone en pente douce, des hommes sautaient du navire et plantaient un pieu auquel l'embarcation s'amarrait (le pieu d'amarrage est aussi une image fréquemment utilisée dans la littérature religieuse).

3) - Registre trois

()

Six bateaux à rames, trois sur chaque sous-registre, naviguent en sens inverse de ceux que nous venons de voir, vers le nord, et ont donc cargué leur voile devenue inutile (). Cinq de ces navires sont du même type que les précédents, propulsés par des rameurs qui sont dos au sens de la marche (). On remarquera la belle figure de proue du premier sur la droite (). Le bateau du milieu sur le premier sous-registre est différent () : il semble fait de roseaux, car on distingue les liens entourant les faisceaux de tiges, et ici les hommes utilisent des pagaies et regardent vers l'avant. Malheureusement, aucune légende n'est plus visible de nos jours.

Paroi sud

(, et ) Elle est occupée par l'ouverture donnant sur la chapelle.
La porte est encadrée de colonnes de texte, avec les titres et fonctions du défunt. Les scènes de danse et musique des trois registres du dessus sont célèbres, mais la comparaison entre les images actuelles et celles prises par Steindorff en 1910 montre combien elles se sont abîmées en un siècle.

A- Registre un et deux

()

Sur chacun se trouvent cinq danseuses, et trois accompagnatrices qui tapent dans leurs mains et chantent pour donner le rythme (texte : 3"battre des mains" et 4"chanter, par le harem"). L'activité des danseuses est doublement précisée : 1"danser, par le harem" et devant chacune : 2"danser". Chacune est vêtue d'un pagne et d'une jupe longue transparente. La poitrine est nue, barrée par deux bretelles croisées tenant en place les jupes. Chacune à les deux bras qui forment une sorte d'arrondi au-dessus de la tête.

B- Registre trois

()

Ici sont représentés les musiciens qui accompagnent les chanteuses et danseuses. Deux harpistes qui se font face, et un flûtiste sont agenouillés, un genou levé. Ils sont accompagnés de trois chanteurs (dont deux pour le flûtiste). Légendes d'accompagnement : 1"jouer de la flûte" ; 2"chanter par les chanteurs du domaine" ; 3"jouer de la harpe" ; 4"chanter".

C- Registre quatre

().

Ty est assis sur un siège à grand dosseret et accoudoirs hauts, posé sur une plateforme. Il porte une perruque longue et une une petite barbe. De sa main droite, il brandit une courte canne, tandis que la gauche est nonchalamment posée sur l'accoudoir. A ses pieds et lui faisant face se trouve son épouse Neferhetepes. Il est probable qu'on nous montre là le couple en train d'assister aux réjouissances dont nous venons de parler.